Grossesse et mycose
- Symptômes : démangeaisons intenses, brûlures à la miction et pertes blanches épaisses qui nécessitent une évaluation médicale rapide.
- Diagnostic : examen clinique et prélèvement vaginal pour confirmer la mycose et exclure d’autres causes avant traitement.
- Traitement : privilégier les antifongiques topiques pendant la grossesse, poursuivre la cure complète, adopter des mesures d’hygiène pour réduire les récidives et consulter en cas d’aggravation si besoin.
Les infections vaginales à Candida, souvent appelées mycoses vaginales, sont fréquentes chez la femme enceinte en raison des modifications hormonales, de l’augmentation des glycérides et des variations du pH vaginal qui favorisent la prolifération fongique. Bien qu’elles soient rarement dangereuses pour le fœtus, elles provoquent un inconfort important et nécessitent une prise en charge adaptée au contexte de la grossesse.
Symptômes évocateurs
Les signes cliniques typiques sont des démangeaisons intenses de la vulve et du vestibule, des brûlures à la miction, des douleurs lors des rapports sexuels et des pertes vaginales épaisses, blanches et homogènes sans odeur forte. L’apparition de pertes malodorantes, de saignements, de fièvre ou de douleurs pelviennes doit faire évoquer un autre diagnostic et imposer une consultation rapide.
Diagnostic
Le diagnostic repose sur l’examen clinique et peut être confirmé par un prélèvement vaginal pour examen microscopique, test d’amines, mesure du pH et, si nécessaire, culture mycologique. Un prélèvement permet d’écarter d’autres causes de pertes, comme la vaginose bactérienne ou une infection sexuellement transmissible. Dans le contexte de grossesse, il est conseillé de confirmer le diagnostic avant d’entamer un traitement si les signes sont atypiques.
Traitement recommandé pendant la grossesse
La règle principale est de privilégier les traitements locaux. Les antifongiques topiques (ovules intravaginaux et crèmes vulvaires) à base d’imidazolés sont ceux le plus souvent prescrits car leur absorption systémique est très faible. Ils sont disponibles en différentes présentations : dose unique ou cures courtes sur plusieurs jours. Une crème vulvaire associée peut soulager rapidement les symptômes externes.
Les antifongiques oraux, tels que le fluconazole, sont en prévention chez la femme enceinte : leur usage est généralement évité, surtout pendant le premier trimestre, en raison de signaux d’alerte liés à des expositions prolongées ou répétées. L’utilisation orale n’est envisagée que dans des cas particuliers et après discussion entre la patiente, le médecin et éventuellement l’obstétricien.
Durée et modalité d’application
Selon la formulation choisie, le traitement local peut être administré en dose unique ou quotidiennement pendant 3 à 7 jours. Il est important de respecter la durée prescrite et de poursuivre le traitement jusqu’à la fin, même si l’amélioration est rapide. L’application le soir avant le coucher limite le risque d’écoulement du produit. Une hygiène des mains rigoureuse avant et après l’application est recommandée.
Précautions selon le trimestre
La prudence est maximale au premier trimestre, période d’organogenèse, mais les antifongiques topiques employés correctement sont généralement considérés comme sûrs à tous les stades de la grossesse. Le choix du traitement et la nécessité d’un suivi peuvent toutefois être modulés selon l’âge gestationnel et l’état clinique global. En cas de doute, demandez l’avis de votre obstétricien.
Mesures complémentaires et prévention
Outre le traitement médicamenteux, plusieurs mesures hygiénodiététiques réduisent le risque de récidive : porter des sous-vêtements en coton, éviter les vêtements trop serrés et synthétiques, limiter les produits d’hygiène intimes parfumés ou agressifs, et sécher soigneusement la zone génitale après la douche. Contrôler la glycémie si vous avez des facteurs de risque de diabète est utile, car l’hyperglycémie favorise les mycoses. Enfin, limiter l’usage d’antibiotiques inutiles aide à préserver l’équilibre de la flore vaginale.
Partenaire et contagiosité
Le traitement systématique du partenaire masculin n’est pas recommandé sauf en présence de signes cliniques chez celui-ci, comme une érythème, des démangeaisons ou des lésions. La transmission sexuelle n’est pas le mécanisme principal des mycoses vaginales, mais des rapports non protégés pendant la phase symptomatique peuvent favoriser la réinfection.
Récidives et prise en charge prolongée
En cas de récidives fréquentes (plusieurs épisodes par an) ou d’échecs répétés d’un traitement local bien conduit, un bilan complémentaire est nécessaire. Celui-ci peut inclure un dépistage du diabète, la recherche d’une immunodépression ou un examen microbiologique approfondi pour identifier une espèce de Candida moins sensible. Un protocole de traitement prolongé ou une prise en charge spécialisée pourra alors être proposé par le gynécologue ou le dermatologue.
Risques pour la grossesse et pour le nouveau-né
La mycose vaginale maternelle n’entraîne pas de malformation ni de risque majeur pour la grossesse. Cependant, la présence de Candida au moment de l’accouchement peut exposer le nouveau-né à une candidose buccale ou cutanée néonatale. Ces infections néonatales sont généralement bénignes et traitables, mais il peut être utile d’informer l’équipe obstétricale en cas d’infection active en fin de grossesse.
Quand consulter en urgence
Consultez sans délai en cas de pertes malodorantes, de fièvre, de saignement vaginal, de douleurs pelviennes intenses ou si les symptômes ne s’améliorent pas après une semaine de traitement local. Un examen plus approfondi sera réalisé pour exclure d’autres affections et adapter la prise en charge.
Les mycoses vaginales sont fréquentes durant la grossesse et peuvent être efficacement traitées par des antifongiques topiques lorsque le diagnostic est confirmé. Évitez l’automédication par voie orale sans avis médical, consultez votre professionnel de santé en cas de doute ou d’échec thérapeutique, et adoptez des mesures simples d’hygiène pour réduire le risque de récidive. Cette information vise à orienter et ne remplace pas un avis médical personnalisé.